La cybersécurité est devenue un enjeu essentiel pour les entreprises comme pour les particuliers. Plutôt que de parier sur des prévisions, mieux vaut partir de ce que l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) observe réellement : son Panorama de la cybermenace 2025, publié le 11 mars 2026, décrit les risques qui pèsent aujourd’hui en France. Voici les principaux, puis les gestes qui protègent.
Les risques cyber à connaître
La géopolitique pèse sur les cyberattaques
Dans un contexte d’aggravation des tensions géopolitiques, l’ANSSI constate les efforts continus d’acteurs étatiques pour compromettre les réseaux d’entités diplomatiques et d’infrastructures critiques, comme les télécommunications ou l’énergie. La frontière entre ces acteurs et les cybercriminels continue de s’éroder.
Les rançongiciels restent un problème majeur
En 2025, 128 compromissions par rançongiciel ont été portées à la connaissance de l’ANSSI, un nombre légèrement en baisse par rapport à 2024 mais qui reste élevé. Dans le même temps, le vol de données sans chiffrement progresse nettement : 196 incidents d’exfiltration en 2025, contre 130 en 2024. Les PME, TPE et ETI restent les plus touchées. Pour le détail, voyez notre article sur les principales menaces relevées par l’ANSSI.
L’ingénierie sociale se perfectionne
Les attaquants misent sur la confiance des personnes ciblées : faux support informatique, usurpation d’identité, hameçonnage vocal, SIM swapping (transfert de votre numéro de téléphone vers une carte SIM qu’ils contrôlent) ou « MFA fatigue », qui consiste à multiplier les demandes de validation jusqu’à ce que la victime en accepte une par erreur.
L’intelligence artificielle, un outil de plus pour les attaquants
L’ANSSI note l’intérêt des attaquants pour l’IA générative, sans y voir pour l’instant un changement de paradigme. Elle a par exemple repéré des sites qui semblent générés par IA pour héberger des logiciels malveillants. Ces outils rendent aussi les messages frauduleux plus crédibles : une faute d’orthographe ne suffit plus à repérer une arnaque.
Les failles des équipements exposés
Les vulnérabilités des équipements de bordure et des solutions accessibles depuis Internet peuvent être exploitées très rapidement après leur découverte. D’où l’importance d’appliquer les mises à jour sans attendre.
Comment se protéger face à ces risques ?
Voici quelques conseils simples pour vous protéger contre les cybermenaces :
Utiliser un VPN
La définition d’un VPN est simple : c’est un réseau de serveurs par lesquels vous passez pour vous connecter à Internet. Votre adresse IP est masquée auprès des sites visités et la connexion entre votre appareil et le serveur VPN est chiffrée : vos données deviennent illisibles pour un tiers qui les intercepterait, sur un Wi-Fi public par exemple. Un VPN ne rend pas pour autant anonyme et ne remplace ni un antivirus ni la prudence.
De plus, de nombreux VPN intègrent une protection additionnelle contre les menaces, qui détecte les contenus malveillants et bloque leur accès à vos appareils.
Employer des mots de passe sécurisés et uniques
Trop de personnes utilisent encore le même mot de passe très simple pour leurs mails, leur compte en banque ou un service de streaming. Pour limiter le risque de vol de données, de vol d’argent ou d’usurpation d’identité, mieux vaut créer un mot de passe fort.
La CNIL donne un repère : un bon mot de passe peut contenir au moins 12 caractères et 4 types différents (minuscules, majuscules, chiffres et caractères spéciaux). Il doit aussi être unique, utilisé pour un seul compte sensible. Un gestionnaire de mots de passe vous aide à les générer et à les retenir.
Activer l’authentification multifacteur dès que possible
L’authentification multifacteur demande une seconde preuve d’identité après le mot de passe : un code reçu par SMS, une notification dans une application d’authentification ou une clé physique. Elle protège vos comptes même si votre mot de passe a été découvert. Le SMS reste la forme la plus fragile, puisque le SIM swapping permet de le détourner : préférez une application ou une clé quand le service le propose, et ne validez jamais une demande de connexion que vous n’avez pas initiée.
Se méfier des mails et des appels douteux
Énormément d’escrocs passent par des mails pour vous inviter à cliquer sur un lien. Ils imitent des amis, des banques ou des institutions officielles pour gagner votre confiance, et certains appellent en se faisant passer pour le support informatique. Vérifiez qui vous contacte (adresse inexacte, nom voisin, logo approximatif) avant de cliquer, et ne donnez jamais un code de validation par téléphone.
